Ecrivez la suite...

Cette page vous propose de participer à l'écriture d'un nouveau roman. Le premier chapitre vous est donné, à vous d'écrire la suite. Après cela, il ne vous reste plus qu'à proposer votre texte à notre petit comité de lecture (lecteurs assidus et non professionnels n'ayant d'autre ambition que de participer à ce collectif). S'il est retenu, nous le mettrons en ligne et il n'y aura plus qu'à continuer ou recommencer.
Pas de contraintes particulières, simplement celle de se jeter à l'eau. Alors, à votre plume et à votre imagination, nous attendons vos propositions !

Il n'y a rien à gagner, rien à espérer, que le plaisir de passer un bon moment dans la lecture et l'écriture.

Vous avez des questions, des commentaires ? n'hésitez pas à contacter expo-galerie.

Le roman de Jules - Chapitre 1

C’est comme un bateau ivre : ça tangue, ça rend un peu malade, on ne sait pas trop si on va s’en sortir, et en même temps, c’est excitant, grisant. Ça doit être ça la peur que ressentent les pilotes de formule 1 : la moindre erreur et ils sont morts ou tout cassés, ce qui est un peu pareil à leurs yeux.
Excepté que là, ce n’est pas de la formule 1, ni même de la voile par grande tempête. C’est juste un épisode de la vie qui s’échappe, qui prend son envol, qui prend le large.
Mais ça fait le même effet.
Le Julot, il est né il y a 2 ans. Il y en a qui vous dirait qu’il fait bien ses 40 ans, mais non, il a l’impression d’être venu au monde il y a 2 ans, quand il a décidé que la France, pour lui, ce n’était plus le paradis. Quand il a compris qu’il voulait revivre. Et qu’il a fait plus que ça. Et qu’il a fait mieux que ça.
Il a pensé : on y va.
Et il y est allé, le Julot. Il a rassemblé ses affaires et il est parti. Il n’a pas eu besoin de grand chose, une nouvelle vie, c’est une nouvelle vie. Et ça lui a bien plu, cette idée-là. Se donner une autre histoire. L’ancienne, elle ne lui plaisait plus. Il y avait trop de choses qui ne faisaient plus de sens. Il fallait faire du ménage dans tout ça.
Il s’est dit : j’ai du talent pour tout foutre en l’air.
Il a pensé à sa femme, son petit bout de femme, cette femme de sa vie. Celle qui était partie aussi, rentrée chez elle, juste parce que c’était comme ça, parce que c’est la vie, les gens y vont et y viennent et parfois c’est bien et parfois ça fait souffrir. Et elle a trouvé le temps de dire que c’était fini, mais pas trop. Ça ne sert plus à rien, les explications, quand c’est fini. Elle a fait sa valise, elle lui a caressé la joue, elle a presque même eu une petite larme. Mais elle est partie, au fond, soulagée.
Et le Julot il a pensé : si elle a été capable de me quitter, je dois être capable de me quitter aussi. Et il a vu que ça ne lui demandait même pas un si gros effort que ça, que lui aussi il pouvait ressentir ce soulagement de se quitter lui-même.

Lire la suite